Conférence de presse du jeudi 5 août 2004
RECRUTEMENT LOCAL
UNE URGENCE A DEFENDRE
En l’espace de 25 ans entre 1974 et 1999, la Réunion aura connu une croissance moyenne de 5% par an. Il s’agit d’une performance remarquable, à hauteur pour la situer de celle de la Tunisie ou encore de l’Irlande ou du Chili, qui implique une transformation structurelle profonde de la société et de l’économie.
Pourtant, le trait dominant de l’économie réunionnaise pour tous les observateurs n’est pas le dynamisme de sa croissance mais bien le niveau de son chômage. Ce dernier a connu sur la même période une croissance ininterrompue pour culminer au tournant de l’année 1998 au taux de 38% de la population active au sens du BIT.
Le nombre de demandes d’emploi insatisfaites venait de passer fin 1997 la barre des 100 000 personnes, pour un nombre d’emploi total sur l’Ile inférieur à 175 000. Cela ne semblait qu’une étape sur le sentier, apparemment inexorable, de la dégradation du marché du travail.
Les ressorts démographiques du phénomène sont en grande partie connus. Le rythme élevé de la progression de la population active a été la première source de tension sur le marché du travail et le restera, tout en décélérant, pendant encore plusieurs décennies. Mais la transition démographique ne peut rendre compte à elle seule des déséquilibres du marché de l’emploi.
On évoque souvent à la Réunion le chiffre de 7000 nouveaux actifs chaque année comme une mesure de la difficulté, voire de l’impossibilité, pour le marché du travail d’absorber le flux des nouveaux entrants. Mais, ce chiffre ne devrait pas à lui seul convaincre. Sur un marché de près de 200 000 emplois en 2001, la création de 7 000 emplois ne représente qu’une expansion de 3.5% par an, qui ne semble pas a priori hors de portée d’une économie dynamique comme celle de la Réunion. Dans le passé, ce n’est pas la croissance économique qui a manqué sur l’Ile.
Mais la Réunion ne traverse pas seulement une transition démographique, mais aussi une transition économique, qualifiée parfois de rattrapage. Le second élément de compréhension du chômage réunionnais sur le long terme est la profonde et rapide mutation qui en l’espace de quelques décennies a transformé une économie à dominante traditionnelle largement tirée par l’agriculture et l’agro-industrie en une économie moderne de services. Ce processus de modernisation économique n’a pas seulement concerné l’appareil productif mais aussi le contexte institutionnel et réglementaire : développement d’une administration moderne, hausse des minima salariaux et sociaux, politiques de promotions de l’emploi, etc. Cette transition s’est accompagnée d’importants gains de productivité du travail, de créations et de destructions d’emploi, et a eu de profondes conséquences sur le marché du travail.
Le recrutement des réunionnais : une priorité
L’UIR-CFDT est particulièrement préoccupée par la situation de l’emploi à la Réunion.
En effet le taux de chômage dans notre région et la précarité qui l’accompagne nous imposent de lutter sans relâche pour favoriser le retour à l’emploi.
Ce retour à l’emploi doit se faire sur la base du recrutement local. Pour l’UIR-CFDT, le recrutement local veut dire :
→ Privilégier à compétences égales le recrutement d’un réunionnais
→ Mettre en place des parcours de formation permettant aux salariés réunionnais l’accès à des postes à responsabilités
→ Garantir l’égalité professionnelle Hommes/Femmes
→ Favoriser d’avantage l’accès à l’emploi aux travailleurs handicapés
→ S’assurer que toutes les catégories de la population réunionnaise soient traitées avec équité à l’embauche et lors de l’évolution professionnelle pour tendre vers un équilibre en terme de représentation quantitative de ces catégories
L’UIR-CFDT estime que les conditions sont aujourd’hui remplies pour que tout emploi disponible soit pourvu par un réunionnais. En effet, dans les différents secteurs d’activités rien ne suppose des compétences, des qualifications qu’on ne saurait trouver à la Réunion.
L’UIR-CFDT demande également que l’ouverture des postes à pourvoir soit d’abord offerte en priorité au personnel dans le cadre de la promotion interne. Un poste suppose un pré requis en terme de formation et de compétences. Dès lors qu’un salarié volontaire dispose de ce pré requis, sa candidature doit être considérée en priorité. De même un salarié disposant d’une grande partie de ce pré requis ainsi qu’un potentiel de développement lui permettant de l’atteindre, La Direction se doit de lui proposer un parcours d’accompagnement lui permettant de l’atteindre.
L’UIR-CFDT par l’intermédiaire de ces élus au sein des entreprises et administration n’aura de cesse de rappeler ces exigences aux directions notamment lors de la préparation des Plans de Formation.
L’UIR-CFDT continuera de dénoncer désormais toutes les embauches qui ne rentreront pas dans ce cadre.
Les mandatés CFDT au sein des Conseil d’Administration auront pour mission de porter cette exigence. Le recrutement local doit faire l’objet de la mobilisation de l’ensemble de nos représentants.
L’emploi doit être l’affaire de tous, c’est pourquoi l’UIR-CFDT s’y emploiera à chaque instant et saisira toutes les opportunités qui se présentent pour l’insertion professionnelle des réunionnais.
L’équilibre social en général est la condition indispensable à une vie plus harmonieuse. Cet équilibre est possible que si chaque catégorie, qu’elle qu’en soit la nature, est respectée. Le respect passe par la définition de règles permettant à chacune d’entre elles de disposer des moyens de subsistance, d’expression et d’émancipation. L’accès au travail et la valorisation des compétences font partie de ces moyens. Il nous appartient de les rendre accessibles à tous et pour tous.
Axel
ZETTOR